Les remparts de la ville
L'agglomération, située à l'est de Castelgrande,
ouverte aux marchés et au passage du bétail et des
marchandises, a dû être fortifiée avant le milieu
du Xlll siècle. Ni les constructions ni le plan des rues actuelles
ne permettent de constater des agrandissements postérieurs.
Nous devons donc admettre que le tracé des remparts actuels
correspond à la plus ancienne ligne de défense de la
ville.
Contrairement à d'autres villes où les remparts se
développent de façon concentrique autour des habitations,
les remparts de Bellinzone sont formés de deux lignes de défense
séparées, qui s'imbriquent dans les forteresses de
Castelgrande et de Montebello, de façon s étroite qu'il
est difficile de distinguer où se terminent les remparts et
où commencent les forteresses. Le rempart extérieur
nord s'achève par une tour, au pied du rocher dominé par
e Castelgrande, auquel il n'est pas directement rattaché.
Alors que le rempart nord relie le pied de la colline de Castelgrande
au château de Montebello, la ligne de défense sud décrit
un large arc de cercle et englobe les quartiers au sud de la piazza
Nosetto. A l'extérieur des remparts de la ville se trouvait
le faubourg Orico avec l'ancien couvent des Ursulines (l'actuel palais
du gouvernement).
Les remparts, dont ii ne subsiste que les deux tiers environ de l'état
d'origine, ont subi de nombreuses modifications au cours des derniers
siècles. Des travaux de restauration, plus ou moins heureux,
et des percées, au profit de la circulation piétonnière
et automobile, en ont fortement altéré l'aspect initial.
L'emplacement de la partie démolie au sud est rappelé dans
le traitement des pavés de a chaussée par un tracé témoin.
La disparition des trois portes de la ville au XlX siècle
est particulièrement regrettable. Il est possible de s'imaginer
l'aspect qu'elles pouvaient avoir au moyen âge par leur représentation,
bien que peu précises, sur d'anciennes illustrations et par
comparaison avec la quatrième porte, située dans la
partie ouest de a ligne sud des fortifications, qui permet d'accéder
depuis la ville à Castelgrande. Jusqu'à la construction
d'entrées modernes, cette porte constituait l'accès
principal au château. Elle est surmontée d'une tour
rectangulaire en saillie par rapport aux remparts et couronnée
de mâchicoulis et de merlans bifides. Un fossé précédait
l'accès extérieur. Les grandes rainures verticales
rappellent qu'il y avait autrefois un pontlevis. La voûte du
passage forme un arc surbaissé. Les étages supérieurs
de a tour sont ouverts à l'arrière.
Les trois portes qui ont été détruites devaient être
plus imposantes et précédées d'ouvrages avancés relativement
simples. L'unique porte de l'enceinte septentrionale, appelée porta tedesca
ou porta di Codeborgo, s'élevait à l'extrémité de
la via Codeborgo. Le rempart méridional ne comportait à l'origine,
lui aussi, qu'une seule porte, la porta Lugano, qui donnait sur a piazza San
Rocco (aujourd'hui piazza dell'lndependenza). Il est probable que la porta Locarno
(ou porta nuova) au sud-ouest ne remonte qu'à la création du faubourg
Orico vers la fin du moyen âge. La porte de la tour de flanquement, à l'ouest
de la piazza dell'lndependenza, ne fut aménagée qu'à l'époque
moderne.
La configuration actuelle des remparts de la ville a été marquée
par les travaux de 1475-1480. Les murs existants furent surélevés
et couronnés de mâchicoulis et de merlans bifides. Les tours furent également
rehaussées et fortifiées. La ligne de défense nord compte
cinq portes et la ligne de défense sud treize, toutes également
dotées de mâchicoulis. La plupart possédaient une plate-forme
de défense reposant sur une voûte. Les parties des murailles sud
et nord conservées contiennent des éléments plus anciens,
dont les merlans bifides moins élevés sont disposés dans
le prolongement des lignes de défense. Ils datent peut-être des
travaux mentionnés vers e milieu du XIVe siècle. H est probable
que les fortifications étaient alors déjà reliées à celles
du château de Montebello.
Les fossés aménagés devant les remparts de la ville ont
cependant disparu. Ils étaient indispensables contre toute offensive sur
un terrain plat, dépourvu de la protection naturelle qu'offrent les falaises
abruptes.
< section précédente | section suivante >
|